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Dans un premier article, nous avons pu mieux comprendre pourquoi il est si compliqué de différencier nos pratiques. Aujourd’hui, je te propose de poursuivre la réflexion avec cette seconde question :

Pourquoi est-il important
de définir nos pratiques ?

compliqué
Article n°2 de la série :
“Pourquoi définir nos pratiques ?”

  • Pourquoi est-il compliqué de différencier
    nos pratiques ?
  • Pourquoi est-il important de les définir ?
  • Paganisme, Wicca, magie, sorcellerie, … Quelles distinctions concrètement ?
  • Mon approche : comment est-ce que je me positionne ?
définir

(NB : Les pratiques abordées et nommées dans cet article sont celles qu’on retrouve beaucoup en Occident, notamment en Europe. Je vous en parle parce que ce sont les sujets que je connais le mieux. Ce sont aussi les dénominations qui reviennent souvent dans vos questions. Bien entendu, il existe en Europe et dans le monde une multitude d’autres pratiques et courants spirituels ! Cet article ne se veut pas exhaustif).

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Pourquoi est-il important
de définir nos pratiques ?

Au fil de mon parcours dans les pratiques ésotériques, j’ai régulièrement entendu des choses comme : “On peut faire ce qu’on veut, ce qui compte c’est que ça nous parle, peu importe le nom qu’on y met” ou encore “C’est l’intention qui compte”.

Eh bien même si je soutiens l’idée d’une liberté de pratique et de culte, je ne suis pas d’accord avec ces affirmations.

En effet, même si l’intention que l’on met dans ce que l’on pratique a toute son importance (ça oui !), il n’en reste pas moins que si on ne comprend pas ce qu’on fait ni pourquoi, alors on perd complètement en sens et en puissance.

A mon sens, il est essentiel de chercher à définir les pratiques ésotériques pour plusieurs grandes raisons :

  • Pour mieux communiquer et se comprendre : on peut ainsi explorer en toute conscience et créer du lien.
  • Pour pouvoir trouver sa place et définir un cadre de pratique qui nous correspond.
  • Pour mieux vivre nos pratiques : comprendre évite de tomber dans des dogmes là où il ne devrait pas y en avoir, et permet de conserver pleinement son libre-arbitre.
  • Pour témoigner du respect à ces pratiques, aux traditions qui les entourent, aux autres pratiquant.e.s (du passé ou du présent), etc.

Définir pour mieux se comprendre

Pour faciliter la découverte et l’apprentissage

Développer des bases solides et fiables

Lorsqu’on débute dans l’exploration des pratiques ésotériques quelles qu’elles soient (voire même plus tard), on peut se sentir parfois un peu dépassé.e.s par la multitude de traditions, de courants, de propositions. On peut aussi être confronté.e.s à des affirmations contradictoires concernant certaines pratiques, notamment lorsqu’elles ne sont pas inscrites dans un livre ou un dogme : c’est par exemple le cas des spiritualités vivantes telles que les paganismes, qui évoluent et peuvent parfois être plus sujets à interprétations (la transmission ayant été principalement orale. Nous développerons d’ailleurs cet aspect dans un prochain article).

Internet peut constituer un véritable trésor et une mine d’informations lorsqu’on souhaite découvrir ce qui existe. Pour autant, le revers de la médaille est l’abondance de propositions, parfois déformées et simplifiées par les réseaux sociaux, et surtout à une échelle qui dépasse largement notre contexte local (comme on l’a vu dans le premier article).

Avoir une première approche consistant à comprendre comment se classent et se définissent les différentes pratiques ésotérique constitue donc un support de développement et d’exploration vraiment bénéfique. On sait globalement dans quelle famille de pratique on évolue, quelles en sont les caractéristiques. C’est précisément ce cadre de base qui peut permettre d’affiner dans une ou plusieurs directions claires qui nous conviennent et qui ont du sens.

Avant même le “comment”, c’est le “pourquoi” faire les choses qui est alors nourri.
C’est ainsi qu’on gagne en puissance.

Favoriser une découverte éclairée

Se poser ces questions et tenter d’y répondre en recherchant une définition des différentes pratiques ésotériques, c’est se donner les moyens de vivre une exploration riche de sens et plus aboutie.

Au final, on peut partir un peu dans tous les sens sans pour autant creuser une piste suffisamment pour vraiment vivre les choses et les expérimenter. On peut ainsi stagner et rester à jongler entre différentes pratiques pendant longtemps, sans toutefois construire une approche qui nous ressemble et dans laquelle on peut vraiment s’épanouir et grandir.

Bien entendu, il est normal d’emprunter plusieurs chemins, d’évoluer dans sa pratique, et d’explorer de nouvelles pistes régulièrement. Moi la première, c’est un peu ce que j’ai fait pendant tout un temps !

Attendre que tout soit parfait et d’avoir une connaissance complète d’un sujet pour se lancer, c’est dommage, et plutôt délétère. Par contre, je me dis vraiment qu’on peut procéder par élimination si on prend le temps au départ de comprendre quelles sont les différentes façons de pratiquer, les grandes familles et principes des pratiques, et ce qu’elles impliquent. On peut d’office s’engager sur les voies qui nous parlent le plus, et ainsi gagner en conscience et en profondeur. Il est alors plus évident d’entrer dans une démarche d’apprentissage poussé, voire d’initiation.

Pour mieux communiquer avec les autres

Chercher à définir nos pratiques, c’est aussi pouvoir bénéficier d’un langage commun. Un langage qui permette à toutes et tous de savoir de quoi on parle.

Cette base essentielle engendre une meilleure communication, des échanges plus riches et sains, mais aussi une transmission facilitée sur des concepts ou principes.

Une définition peut parfois être interprétée et vécue de manière différente par les un.e.s et les autres. Mais lorsqu’au moins on peut partager des bases communes, alors on saisit mieux de quoi il est question, et donc on se comprend alors mieux entre nous.
C’est un élément très important lorsqu’on souhaite s’ouvrir à la pratique en groupe notamment.

pratique de groupe

Etre en capacité de décider où se placer

Dans quel ensemble plus large se situent les différentes pratiques ?

Au delà de pouvoir utiliser un langage commun, définir les choses permet de s’en approcher et de les expérimenter en conscience.

chouette lapone définir

Tout le monde peut avoir une idée claire de ce dont on parle. On sait de quoi il est question. Les définitions constituent une base pour décider où se placer.

Par exemple : chaque espèce d’oiseau est unique au sein de l’ensemble des “oiseaux”, et chaque individu d’oiseau est unique dans sa propre espèce. Pour étudier un individu, je dois m’intéresser aux grandes caractéristiques de son groupe (espèce, famille, etc.) puisque c’est aussi ce qui fait que cet individu est tel qu’il est (ex. : un individu de chouette lapone est de toute façon plus largement une chouette, et un rapace).

Il en est de même pour les pratiques ésotériques. Lorsque je définis “la magie“, aves ses grands principes, c’est une première étape essentielle. Pour autant, je ne définis alors pas toute la magie en détails, car il existe de nombreuses pratiques différentes au sein même de cet intitulé et de ces concepts. Mais au moins on sait globalement de quoi on parle.

Qui suis-je lorsque je pratique ?

Pratiquer, c’est être pratiquant.e. Ce qu’on fait nous place donc de fait dans un groupe ou un ensemble de pratiques qui nous définissent également. Alors autant faire en sorte de savoir consciemment qui on est quand on choisit de mettre en place telle ou telle chose.

Le but ici n’est pas d’harmoniser les pratiques, car des variantes existent bien entendu au sein de mêmes groupes de pratique. Simplement, il est important à mon sens de comprendre que quand par exemple je fais de la magie, je ne fais pas de la sorcellerie.

Par exemple, on peut tout à fait avoir un rite païen dans lequel on va intégrer un protocole de magie, tout comme pas du tout. On peut aussi avoir l’utilisation de magie sans pour autant que ce soit connecté à des croyances/pratiques païennes (ou bien si).

Différentes combinaisons sont possibles et même souvent pertinentes si elles ont du sens, simplement, il est nécessaire et plus puissant d’avoir conscience des différences !

Un socle pour mieux vivre nos pratiques

Développer la capacité de déterminer ce qui me convient le mieux

Chercher à définir et à comprendre le cadre des pratiques n’est pas enfermant pour autant. Bien au contraire, connaître les grands caps permet de naviguer dans tout cela avec beaucoup plus de conscience, d’efficacité… et laisse aussi parfaitement la place aux changements de direction et aux surprises. On bénéficie simplement d’une clarté de base utile qui laisse pleinement l’espace pour l’exploration.

Cela donne aussi la possibilité d’être plus à notre écoute, pour déterminer ce qui nous convient le mieux. Un peu comme lorsqu’on part en voyage : on peut avoir prévu la destination, regardé quelques directions et points d’intérêt avant de partir ou sur la route, et malgré tout vivre une aventure riche, plein de découvertes, de surprises, et d’imprévus !

Si je sais que j’ai besoin d’un minimum de confort et de capter le Wifi, je vais peut-être éviter un voyage en van pour le moment. Mais pour cela, encore faut-il avoir conscience des contraintes et points clés, d’un séjour sur la route !
Ou bien encore : si je recherche une aventure plutôt intimiste au contact de la nature et que je réserve un séjour sur la simple base de ce que m’évoque la région visée en question, sans vérifier les conditions d’hébergement, … eh bien je peux me retrouver malgré moi dans un complexe touristique avec des activités de groupe qui ne sont finalement pas ce que j’étais venu.e chercher.

Définir, ce n’est pas perdre en spontanéité, c’est gagner en pouvoir.

De la clarté pour rester maîtresses/maîtres de mes choix

Cette compréhension gagnée permet également de faire des choix éclairés et de conserver son pouvoir et son libre-arbitre. En effet, il n’existe pas de vérité absolue concernant ces pratiques. Il n’existe pas de preuves scientifiques. On retrouve une multitude de croyances et d’approches existent.

Si une personne se présente comme détenant LA vérité, et LA façon de pratiquer, alors méfiance ! Car il n’y a aucune raison valable pour que cette personne vous impose quelque chose sous prétexte qu’elle aurait “reçu un message” ou autre. (Un article sera sans doute fait aussi à ce sujet dans le webzine ! L’éthique dans les pratiques ésotériques est un sujet qui me passionne et me touche particulièrement).

Personne ne peut affirmer détenir la vérité sur ces sujets, et encore plus sur des pratiques qui pour la plupart ne reposent sur aucun écrit unique (je parle ici des pratiques de paganisme par exemple. Les religions du livre bénéficient d’un cadre écrit, mais encore une fois pouvant souvent être sujet à interprétations).
D’ailleurs, je vous propose dans cet article mon simple point de vue comme base de réflexion. A vous de jouer pour vous construire votre propre avis, qui peut très bien être différent !

Avoir pu rechercher et comprendre la définitions des différentes pratiques, c’est finalement se donner le pouvoir de mieux reconnaître ce qui est normal ou non dans une approche proposée par quelqu’un. Que ce soit à titre individuel ou en pratiques de groupe. Avoir conscience des différences permet de nourrir son pouvoir de discernement.

La tyrannie est la suppression délibérée de la nuance.

– Albert Maysles –

Une démarche témoignant du respect

Construire sa pratique en respectant les différentes traditions

Etre capable de définir et donc de différencier les pratiques, c’est aussi une manière de mieux comprendre et respecter les folklores, traditions, éléments culturels qui en sont inhérents. Cela permet d’éviter des mélanges hasardeux qui ne tiennent pas compte du sens profond et de l’utilisation de base de certains rituels, outils, cérémonies, tenues, etc.

Si vous ne connaissez pas ce terme, je vous invite d’ailleurs à en découvrir plus sur le phénomène d’appropriation culturelle (un article bien expliqué est consultable par ici). C’est un sujet qui fait forcément débat, et je ne suis clairement pas la mieux placée pour vous en parler, faisant partie des groupes privilégiés qui n’ont pas à subir cette appropriation, mais j’attire simplement notre attention à toutes et tous là-dessus. Car c’est cette conscience qui pourra nous aider à avoir plus de respect et donc de sens dans nos pratiques.

Utilisation, par une personne ou un groupe de personnes, d’éléments culturels appartenant à une autre culture, généralement minoritaire, d’une manière qui est jugée offensante, abusive ou inappropriée.

Office québécois de la langue française

Cela n’empêche pas de se sentir parfois très fortement connecté.e.s à une tradition en particulier. Mais il y a une différence aussi entre reconnaître une approche qui peut nous parler et se l’approprier sans réfléchir.

Est-ce que ces pratiques peuvent être ré-adaptées à votre propre environnement ?
Par exemple, si je veux absolument utiliser de la sauge blanche, extrêmement symbolique pour les premiers peuples américains alors même que j’ai à ma disposition de la sauge officinale française, locale, et probablement utilisée aussi par mes ancêtre, alors peut-être faut-il se demander plus précisément pourquoi j’y tiens tant !

A nouveau, on retombe sur la question du “pourquoi” avant le “comment”. Définir les pratiques, les différencier, permet de mieux choisir et de prendre des décisions qui viennent soutenir notre respect à nous-même, aux autres, et aux mondes.

C’est aussi se présenter avec humilité, dans des pratiques parfois millénaires. Elles sont chargées des énergies et travaux réalisés par d’autres avant nous, et d’autres autour de nous.

Gagner en conscience pour créer des ponts pertinents

Au final, tout ceci nous permet d’établir notre pratique de manière intelligente, de faire des liens plein de substance, de sens et de profondeur. C’est la construction d’une pratique sur des fondations solides. Ce qu’on bâtira dessus pourra être modifié, revu, agrandi, transformé, tout comme une maison. Et parfois, on a déjà construit une maison un peu biscornue, mais qui tient bien quand même ! Alors se renseigner et définir les choses permet de venir renforcer et ré-aménager certaines parties.

Qu’est-ce que j’entends par “créer des ponts pertinents” ?

Eh bien dans le paganisme par exemple, on a affaire à des croyances multiples/polythéistes, non-dogmatiques, vivantes, organisées avec des rites (notamment le culte de la nature).

définir pour faire des liens

Ces pratiques ont été construites au sein d’un territoire et d’une époque, au sein de traditions. C’est pour cela qu’on retrouve autant de paganismes différents.

Si on prend le paganisme nordique : il peut certes être pratiqué ailleurs avec respect, mais il s’est construit dans son territoire et dans une époque précise. Dans les rituels, on retrouve l’utilisation de micas et de reine des prés (“herbe aux élans”). Tout simplement parce que c’est ce qui est présent dans la nature scandinave !

On peut donc tout à fait pratiquer une religions ou des rites païens qui ne sont pas de notre territoire. Par contre, comme je le disais plus haut, il faut en avoir conscience, et tâcher de comprendre plus largement la culture et le territoire associé pour pouvoir le réappliquer à notre territoire et ses spécificités si cela a du sens.

Alors maintenant que l’on sait pourquoi définir est important, il est temps d’entrer dans le vif du sujet avec les distinctions entre Wicca, magie, sorcellerie, etc.
On vous retrouve très vite pour le prochain article de cette série !

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Pour les débutant.e.s qui découvrent comme pour les pratiquant.e.s qui veulent consolider leurs bases.

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