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Je vous ai déjà partagé l’aventure d’Aliénor à travers un conte pour Yule que vous pouvez retrouver ici

Aliénor revient, mais cette fois-ci pour le sabbat Ostara, l’équinoxe de printemps. Je m’inspire de faits réels, de ma vie au quotidien en Laponie. Au moment où je vous parle, à la mi-mars, il neige encore, tout est gelé, mais les températures se réchauffent un peu, oscillant entre -15 et 4 degrés. Ce sont encore des températures basses, mais sortant d’une période à -20 degrés, c’est pour nous comme un début de printemps ! Je laisse Aliénor vous le raconter.

A la lueur des premiers rayons du soleil, Aliénor, encore en vêtement de nuit, attrape son châle aux motifs écossais. Elle s’enroule dedans, la tête recouverte, comme elle a l’habitude de le faire. Fenrir, le loup qui partage sa vie, l’attend déjà, et tourne autour d’elle comme pour la hâter de positionner son vêtement. Comme chaque matin, il est temps d’aller ouvrir la porte d’entrée pour laisser Fenrir courir dans la neige. Mais avant cette libération tant attendue, elle attrape à la volée les graines pour les mésanges et écureuils, qui eux aussi l’attendent de pied ferme. Fenrir s’impatiente devant la porte, soupirant de ce contre-temps. Quand elle ouvre enfin la porte, c’est les rayons chauds du soleil qui l’accueillent. Une main encore sur la poignée de la porte, l’autre tenant les graines, elle tend son visage, les yeux fermés, comme pour se rapprocher le plus possible de ces rayons. Fenrir s’est déjà faufilé pour aller tracer son chemin dans la neige. Aliénor est tirée de ce moment de grâce par un bruit de craquement, c’est le petit écureuil roux et gris qui n’a pas pu attendre, il est déjà en train de piquer de la nourriture dans le seau ! Elle ne peut s’empêcher de rire devant ce petit être si gourmand, ce qui lui a fait prendre la fuite !

En allant déposer les graines autour de la maison, elle s’arrête nette, toute la nature autour d’elle s’est comme mise sur pause. Aliénor sent bien que quelque chose a changé, oui elle le sent, c’est la fraîcheur de ce matin de mars qui l’enveloppe. Les pieds dans la neige qui craquèlent du gel de la nuit, elle le sent, ce matin la température n’est plus la même. Enroulée dans son châle elle se sent bien, c’est le premier matin depuis des semaines, des mois, qu’elle n’est pas frappée par le froid glacé de l’hiver. C’est comme un sentiment nouveau, comme si elle avait oublié cette sensation. En ce nouveau jour qui appelle le printemps, plein d’espoir, Aliénor a ce sentiment que tout est possible.

Cette fraîcheur matinale, ne glace pas ses os, mais réveille son humeur, libère son corps, qui se lance sans même la prévenir, dans une danse, une valse, avec les éléments. Fenrir c’est rapproché, truffe baissée à raz le sol, il sent bien que quelque chose se passe ici. C’est la sève des arbres qui commence son ébullition au plus profond de la terre. A chaque automne, Aliénor embrasse chaque arbre du bout de ses doigts, pas une étreinte, par la pensée, pour les remercier et leur donner l’énergie nécessaire afin de passer l’hiver, quand leur flux de vie sera en hibernation, au coeur de la terre, avec la Déesse. Lorsque le printemps arrive, les arbres s’en souviennent, et quand leur sève est prête à remonter, Aliénor le sent, une énergie qui fait vibrer tout son corps, depuis ses pieds jusqu’à sa tête, c’est ce qui l’entraîne à tournoyer, dans une valse sans début ni fin.

Bientôt sera venu le temps où la sève remontera, où la nature se réveillera, quand cela arrive c’est une explosion qui se passe à la surface de la terre, mais ce qu’Aliénor sait, c’est tout le réseau complexe qui se passe sous terre. Elle ne fait pas que ressentir l’énergie, elle la voit, un réseau complexe créé par les racines des arbres, des plantes, un réseau mondial, elle le sent, tout est connecté sous terre, d’une racine à l’autre. C’est ce qu’elle appelle la médecine des arbres et ils sont bientôt prêts à faire circuler la vie à nouveau. C’est les hurlements de Fenrir qui sort Aliénor de ses pensées souterraines, il appelle lui aussi la renaissance.

C’est dans cette perspective lumineuse qu’Aliénor rentre chez elle, elle doit se préparer pour le grand bal de la nature qui se jouera bientôt sous ses pieds.

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