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Par Marie de Mystic Moon

C’est la première fois que je m’essaie à la rédaction d’un conte, d’une histoire. Habituellement je partage des méthodes, je reprends des faits, des expériences. Ici j’ai essayé de laisser plus de place à mon imaginaire, inspiré des contes et du paganisme Nordique. Mais aussi de ma vérité qui transparaît tout au long de cette histoire, des faits réels bien plus nombreux que vous ne pourraient l’imaginer sont glissés dans ces mots. Pour rappel “Jul” veut dire Noël en suédois, en fait ils n’ont jamais changé de nom depuis l’époque païenne, ainsi Jul se prononce Yule. Je vous souhaite un beau voyage vers Jul.

Par delà le cercle polaire, là où les nuits d’hiver ne connaissent pas le jour, un 23 décembre, Aliénor se prépare. Il est 11h du matin, pourtant il fait encore nuit noire, ici le soleil ne se lève pas pendant de longues semaines. Assise sur son fauteuil accueillant, à la lueur des flammes du feu de cheminée, elle enfile des chaussettes de laine qui lui arrivent jusqu’au genoux. Elle positionne ensuite une robe verte comme la forêt, qui descend jusqu’à ses chevilles et recouvrent ses bras jusqu’au poignet. Qu’elle l’aime cette robe, elle ne la met que pour les grandes occasions, et aujourd’hui s’en est une, peut être la plus importante de l’année pour Aliénor. Elle profite encore un peu de la douce chaleur de son foyer, les deux mains tendues vers les flammes, elle prend le temps de sentir l’odeur du bois qui brûle, d’écouter les crépitements du feu. C’est la grande horloge sculptée de lierre qui en retentissant 11h30 lui rappel qu’il faut se hâter, car Sunna n’attend pas. Elle se presse jusque dans sa cuisine, où a été préparer une bouteille de cidre, une corne à boire et une représentation de Mjöllnir, le marteau de Thor. 

Elle place ces objets précieux dans son grand cabas cousu main pendant les soirées d’automne. En se précipitant vers la porte d’entrée elle attrape au vol sa longue cape de ce même vert que sa robe. Elle l’accroche à son cou, positionne le capuchon bien trop grand, qui recouvre son visage, enfile de longues bottes, et de longues manchettes aux bras. Son sac en travers, elle va pour sortir en criant « Fenrir », c’est alors qu’un grand loup blanc et gris se lève et accours jusqu’à elle. Le battant de la porte n’a pas le temps de s’ouvrir complètement qu’il est déjà dehors. Aliénor attrape une torche et s’enfonce dans la nuit, il est temps de partir, Sunna va bientôt arriver. Le vent glacial vient se plaquer sur son visage, Fenrir l’attend à quelques mètres sur le sentier qui mène à la forêt. Elle ne sent déjà plus le bout de ses doigts et le froid à figer son visage, mais peut importe, il faut avancer.

Elle s’enfonce dans la neige qui craque à chacun de ses pas. Tête baissée, elle traverse le vent, une main pour maintenir sa cape qui s’envole, l’autre tient la torche avec force pour éclairer son chemin. Elle entend Fenrir qui crie au loin, il est déjà arrivée à l’entrée de la forêt. Quelques minutes plus tard, Aliénor le rejoint dans un soupir de soulagement, les arbres l’accueillent. A chaque fois qu’elle dépose son premier pas dans ce bois, elle ressent la chaleur d’une douce soirée de printemps. Mais aussi la force, la puissance de la forêt qui fait frétiller l’énergie dans ses mains et dans ses pieds.

Elle se présente rapidement en faisant une courte révérence comme signe de gratitude, elle n’a pas le temps, elle doit hâter le pas, la neige et le vent l’ont bien trop ralenti. Mais ici elle est protégée par d’immenses bouleau et sapins. Elle les connaît par coeur et c’est eux qui la guident dans la forêt. C’est comme ça qu’elle a trouvé pour la première fois le bouleau à sept troncs ! Elle suit les arbres qui se courbent pour lui indiquer le chemin, Fenrir est à ses côtés, il est attentif à ses mouvements pour pouvoir suivre chacun de ses pas. Il sait que l’heure est importante, il ne faut pas perdre de temps.

Elle entrevoit la terre qui annonce une douce pente, celle de la colline des anciens. Oui elle est arrivée, oui le moment tant attendu est arrivé. Elle soulève cape et robe pour escalader la colline, mais la glace et la neige la font glisser et elle peine à gravir le chemin. Fenrir est juste derrière, il la retient tant bien que mal et la pousse de son museau. Lui aussi attend ce moment. 

A force de tomber, c’est glacée jusqu’aux os qu’elle arrive au point culminant de la colline. Il fait encore nuit noire, mais pourtant un sourire intense se dessine sur le visage d’Aliénor, car elle connaît cette vue magnifique qui se dessine sous l’épais manteau de l’obscurité. Le grand loup gris est assis sur ses pattes arrières, tout contre elle pour lui partager sa chaleur. Aliénor glisse ses mains dans sa fourrure, tête contre tête, elle sait reconnaître la générosité de son compagnon de toujours.

Elle plante sa torche dans la neige, soulève sa besace pour la poser au sol, et commence à sortir ses outils. Aliénor verse le cidre dans la corne, attrape la représentation de Mjöllnir, d’une main elle porte la corne au dessus de sa tête, de l’autre elle positionne le marteau au dessus de la corne : “Salut à toi Thor, que ta puissance bénisse cette offrande de cidre”. Elle repose le marteau sur sa besace, c’est l’heure, elle le sait car Fenrir a levé son museau droit vers le ciel et commencer à hurler. Sunna arrive, déesse du Soleil qui s’est retranché dans les profondeurs de la terre depuis de longues semaines. Sunna sur son char tiré par des chevaux, tire le Soleil chaque jour et l’accompagne dans sa course. Il est temps pour elle de refaire apparition. Il est midi, et c’est un rayon de soleil qui s’échappe de l’horizon pour éclairer en un filet l’obscurité. Ce n’est que le début du réveil de Sunna mais Aliénor et Fenrir sont là pour l’accueillir.

Elle porte de ses deux mains la corne remplie de cidre au dessus de sa tête, accompagnée des hurlements de Fenrir, Aliénor prend une grande inspiration et de tout ses poumons s’exclame “Salut à toi Sunna, bon retour parmi nous.” Elle continue “Que ce cidre béni du Mjöllnir soit une preuve de notre gratitude, que le jour se lève à nouveau grâce à toi, que la nature se réveille doucement de son sommeil”. Elle porte ensuite l’offrande à son coeur et commence à la verser sur la terre “Santé à toi Sunna”. Aliénor prend une gorgée de ce breuvage doré, les bulles fraîches de la nuit viennent frétiller dans sa gorge, “Santé à toi Sunna”. Elle répète ces gestes trois fois, avec ferveur et joie.

Le temps de soleil est si court en cette période, que Sunna repart déjà finir sa course au coeur de la terre, mais il reste encore quelques instants précieux pour danser et chanter. La cape d’Aliénor tournoie dans le froid, Fenrir accompagne sa joie. Sunna est de retour, la chaleur des rayons du soleil vont bientôt à nouveau caresser la surface de la terre.

Commentaires(4)

    • Hollis

    • 8 mois ago

    J’aime beaucoup l’atmosphère que tu as développée dans ce compte, c’est poétique et émouvant, merci infiniment!

      • Eclair

      • 8 mois ago

      merci j’ai adoré l’écrire 🙂

    • Sylvie

    • 6 mois ago

    Bonjour à toi du Québec sous la neige et le froid, je te supplie de nous laissés être enchanté par ton écriture qui me parle au dedans grand merci.

      • Eclair

      • 6 mois ago

      Merci beaucoup pour ton message, je tenterais peut être à nouveau l’expérience dans le futur 🙂

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